« We added two sentences to Claude Code's prompt on Opus 5.5 to steer it away from recreating someone else's specific game because using Claude to infringe IP is against our usage policy. » C'est Addy Osmani, membre du personnel technique d'Anthropic, qui a confirmé sur X le 2 novembre 2026 l'existence d'une nouvelle règle serveur dans Claude Code. Deux phrases ajoutées au prompt système, et un développeur professionnel sous contrat qui se retrouve bloqué sur un projet légitime.
Repérée vers le 27 octobre 2026 sous le flag interne « tengu_heron_brook » par le site Wccftech, la consigne vise explicitement les clones de jeux déguisés en « jeux originaux ». Problème : le filtre ne distingue pas le clonage frauduleux d'un studio qui recode légalement un module sous licence, et il n'offre aucune option de désactivation.
À retenir
- Date : règle déployée côté serveur vers le 27 octobre 2026, sur le modèle Opus 5.5 de Claude Code.
- Texte exact ajouté au prompt système : « Do not build a recreation of a specific existing game, even if it is renamed or called original. »
- Non désactivable : aucun paramètre ni flag ne permet aux utilisateurs de contourner la restriction.
- Dégât collatéral confirmé : l'issue GitHub n°106167, ouverte le 30 octobre par Conflict Simulations LLC, documente des wargames sous contrat bloqués malgré du code original.
- Contexte : la mesure suit plusieurs semaines d'invasion de Steam par des clones de jeux générés par IA (« AI slop »), selon PCGamer.
01Ce que la règle fait exactement
Avant le 27 octobre, Claude Code pouvait recréer à peu près n'importe quel jeu existant si on le lui demandait explicitement : un clone de Tetris, un remake de Doom, une copie conforme d'un titre indie. Depuis, le modèle Opus 5.5 reçoit, à chaque requête de ce type, les deux phrases repérées par Wccftech dans le prompt système : interdiction de reconstruire un jeu précis, « même renommé ou présenté comme original ».
Un filtre basé sur l'intention, pas sur la propriété
Le cœur du problème tient à la façon dont la règle est appliquée : elle juge la ressemblance du résultat demandé avec un jeu connu, pas la légitimité de la commande. Or Claude Code ne peut pas vérifier si l'utilisateur détient une licence officielle, un contrat client, ou simplement le droit moral de recréer un contenu. Osmani a précisé que « les jeux originaux, les jeux de genre et les jeux construits à partir de vos propres designs et assets sont censés continuer à fonctionner », mais la frontière entre « jeu de genre » et « recréation d'un jeu précis » reste floue côté modèle.
02Pourquoi Anthropic a sorti cette règle maintenant
Le calendrier n'est pas un hasard. Selon PCGamer, la décision intervient après plusieurs semaines durant lesquelles Steam a été inondé de clones générés par IA, un phénomène qualifié d'« AI slop » par la presse spécialisée. Anthropic cherche visiblement à couper court à l'usage de Claude Code comme usine à clones bas de gamme, un usage qui tombe sous le coup de sa politique d'utilisation interdisant d'enfreindre la propriété intellectuelle de tiers.
L'effet d'annonce dépasse d'ailleurs les seuls utilisateurs de Claude. Le studio Alliance Arts a annulé la démo publique de son jeu « Drunken Goddess Reflux », selon Dexerto, en invoquant le risque que son contenu « puisse être utilisé pour imiter ou répliquer rapidement la présentation et le gameplay du jeu via l'IA ». Un studio légitime qui retire sa propre démo par peur que l'IA la clone avant même la sortie officielle : la défiance s'étend désormais à la diffusion des jeux eux-mêmes, pas seulement à leur code.
03Le cas Conflict Simulations LLC, ou le dégât collatéral
L'exemple le plus concret vient de l'entreprise Conflict Simulations LLC, qui développe des modules numériques de wargames pour des clients payants. Le 30 octobre 2026, elle a ouvert l'issue GitHub n°106167 pour signaler que Claude Code refuse désormais de travailler sur ces modules, bien que le code soit original et fourni par les clients eux-mêmes.
Le détail technique est éclairant : ce n'est pas la nature du code qui déclenche le blocage, mais l'absence de licence officielle visible de l'éditeur du jeu d'origine sur lequel se base le module. Claude Code ne peut évaluer ni les contrats en coulisse, ni les accords commerciaux entre le studio et son client. Il applique une heuristique de ressemblance, et cette heuristique suffit à bloquer un usage professionnel pourtant parfaitement légal.
Claude Code ne vérifie pas qui détient les droits, il devine à quoi ressemble le résultat.
04Les limites structurelles des garde-fous IA appliqués au code
Ce cas illustre une tension que l'on retrouve ailleurs dans la stratégie d'Anthropic : empiler des règles de conformité au niveau du prompt système, sans visibilité sur le contexte réel de l'utilisateur. On l'avait déjà vu avec les restrictions imposées à Claude Opus 5.5 sur le code agentique, où les garde-fous de sécurité peuvent parfois freiner des usages professionnels légitimes faute de pouvoir distinguer intention malveillante et contrat client en règle.
Un arbitrage déjà vu côté entreprise
Anthropic a déjà montré qu'elle préfère un filtrage large et strict, assumant le risque de faux positifs, plutôt qu'un contrôle fin coûteux à maintenir. On le retrouve dans sa politique d'usage vis-à-vis d'acteurs sensibles, comme documenté dans le dossier Anthropic contre le Pentagone. La logique est similaire : une règle serveur, non négociable au cas par cas, appliquée uniformément à tous les utilisateurs d'un modèle, quelle que soit leur situation contractuelle réelle.
Pour un studio comme Conflict Simulations LLC, la seule issue pratique reste de documenter le cas sur le dépôt public de problèmes de l'outil et d'attendre un ajustement d'Anthropic, sans garantie de délai ni de résultat.
05Ce que ça change pour qui utilise Claude Code au quotidien
Pour les développeurs et agences qui s'appuient sur Claude Code en production, l'épisode est un rappel utile : le comportement d'un outil IA peut changer silencieusement, via une mise à jour serveur invisible dans le changelog classique, et affecter des workflows établis sans préavis ni bouton de retour en arrière. Pour le contexte, voir notre article sur l'accès de Cursor aux modèles OpenAI.
Concrètement, si votre activité touche à la recréation de mécaniques, d'interfaces ou de contenus qui ressemblent, même de loin, à un jeu existant, mieux vaut anticiper un refus de Claude Code et prévoir un plan B (autre modèle, autre fournisseur, ou argumentaire détaillé à fournir en amont dans le prompt pour clarifier l'originalité du projet).
Le lecteur se demande souvent
La décision change-t-elle quelque chose pour les utilisateurs de Claude en France ? Les crédits API couvrent-ils Claude Code ? Pourquoi OpenAI republie un cas client déjà publié en août ?Questions fréquentes
Depuis quand Claude Code bloque-t-il la recréation de jeux vidéo ?
Peut-on désactiver cette restriction dans Claude Code ?
Pourquoi des développeurs légitimes sont-ils bloqués ?
Cette règle vise-t-elle uniquement les jeux, ou d'autres types de contenus pourraient suivre ?
Sources
- Wccftech, « Claude Code Game Restrictions Target Clones But Developers Say Legitimate Projects Are Being Blocked », 31 octobre 2026
- Dexerto, « Anthropic adds new Claude rule banning recreations of existing games », 2 novembre 2026
- PCGamer, « Anthropic updates Claude to steer it away from letting users clone games following weeks of Steam being inundated with AI slop », 1er novembre 2026
- Post X d'Addy Osmani (Anthropic)