Le 16 septembre 2026, Ibrahim Badr, Product Manager for Search chez Google, a annoncé l'abaissement du seuil d'éligibilité aux Search profiles à 10 000 abonnés, tous réseaux confondus (YouTube, Instagram, X, TikTok), selon Search Engine Journal. Ce seuil valait 100 000 à 300 000 abonnés au lancement en juin 2026, déjà réduit une première fois le 12 août. Cette annonce clôt une semaine où trois décisions distinctes, deux venues de Google et une de Cloudflare, ont redessiné le rapport de force entre moteur de recherche et éditeurs.
Prises isolément, ces trois actualités ressemblent à des ajustements techniques mineurs. Mises bout à bout, elles dessinent un schéma plus net : Google choisit qui est payé pour nourrir ses réponses IA, refuse de préciser où le contenu d'un éditeur apparaît réellement dans ces réponses, et élargit de son propre chef qui il met en avant dans ses résultats. Pendant ce temps, Cloudflare a lancé de son côté un outil qui redonne aux éditeurs un levier de négociation que Google, lui, ne leur offre pas.
À retenir
- AI Contribution : Google teste un paiement pour les éditeurs contribuant aux réponses de Gemini, AI Overviews et AI Mode, visible dans un panneau Search Console, sans détail du calcul.
- Position invisible : John Mueller a confirmé le 13 septembre que Search Console traite la position dans les AI Overviews comme un bloc unique, pas comme un lien individuel.
- Cloudflare a lancé le 15 septembre « Disallow AI Training », qui bloque l'entraînement IA tout en laissant Googlebot, Applebot et Bingbot indexer normalement.
- Search profiles : seuil abaissé à 10 000 abonnés le 16 septembre, troisième révision depuis le lancement en juin 2026.
- Trois décisions Google en une semaine, un seul contrepouvoir identifié pour les éditeurs : le paramétrage côté Cloudflare.
01Le pilote AI Contribution : Google paie, mais n'explique pas comment
Depuis mi-septembre, Google fait tourner un programme baptisé « AI Contribution » qui verse une rémunération aux éditeurs dont le contenu contribue de façon significative aux réponses générées par l'app Gemini, les AI Overviews et l'AI Mode. Selon Search Engine Journal, les gains mensuels apparaissent dans un panneau dédié de Search Console, sans qu'aucun détail ne soit donné sur la méthode de calcul, et les éditeurs peuvent quitter le pilote à tout moment.
Une « boîte noire » selon les éditeurs testeurs
Un dirigeant d'un éditeur participant au pilote qualifie le système de calcul des gains de « quite black box », rapporte Search Engine Journal en citant des sources proches de Digiday. D'autres évoquent des versements initiaux qualifiés de « peanuts » comparés aux revenus publicitaires perdus. Nous avions détaillé le lancement de ce pilote dans notre article sur l'AI Contribution : la mécanique n'a pas changé depuis, seule la couche descriptive s'étoffe légèrement.
02Search Console traite l'IA comme un bloc, pas comme un lien
Le 13 septembre 2026, Search Engine Journal rapportait une réponse de John Mueller sur Reddit qui confirme une limite structurelle du reporting IA de Search Console, déjà suspectée par de nombreux référenceurs.
Verbatim, l'ingénieur Google écrit : « Position for these is hard to do in a way that makes it useful, so we're currently tracking it like we do for many search features (as a block) ». Autrement dit, Search Console ne distingue pas la position d'un lien à l'intérieur d'un AI Overview : il agrège tout le bloc IA comme une seule entité, quelle que soit la place réelle du site dans la réponse générée.
Un rapport encore jeune, une limite assumée
Ce rapport Gen-AI avait été annoncé en juin 2026, déployé d'abord à un sous-ensemble de sites, puis rendu accessible mondialement le 31 août 2026, selon la même source. Nous avions déjà pointé ses limites dans notre analyse du reporting IA de Search Console : l'aveu de Mueller confirme que le problème n'est pas un bug temporaire, mais un choix de conception assumé par Google.
03Cloudflare sépare l'entraînement IA du crawl de recherche
Le 15 septembre 2026, Cloudflare a lancé un nouveau paramètre nommé « Disallow AI Training », qui publie une préférence anti-entraînement dans le fichier robots.txt tout en laissant les crawlers dits « Accountable », Googlebot, Applebot, Bingbot, continuer d'indexer le site pour la recherche classique. Ce réglage remplace l'ancien « Block AI Bots », converti automatiquement pour les clients existants.
17 % des sites bloquent déjà l'entraînement
Cloudflare justifie ce contrôle granulaire par un chiffre : 17 % des sites choisissent d'activer un mécanisme de blocage de l'entraînement IA. La distinction est stratégique pour les éditeurs : refuser de nourrir gratuitement un modèle de langage sans se couper de l'indexation Google, c'est retrouver un levier de négociation que Google, de son côté, ne propose pas dans son propre pilote de paiement.
04Search profiles : troisième baisse de seuil en trois mois
Lancé en juin 2026 à 100 000 abonnés sur YouTube, Instagram et X (300 000 sur TikTok), le seuil d'accès aux Search profiles avait déjà été abaissé une première fois le 12 août 2026. La nouvelle baisse, annoncée le 16 septembre par Ibrahim Badr, l'aligne à 10 000 abonnés quelle que soit la plateforme, selon Search Engine Journal.
Un signal, pas une preuve
Nous avions relevé, au moment de la précédente baisse, l'absence totale de preuve d'un effet réel sur le trafic ou le référencement dans notre article sur les seuils Search profiles. Cette troisième révision en trois mois confirme surtout l'intérêt de Google à élargir sa base de créateurs affichables dans les résultats de recherche, sans engagement chiffré sur les retombées pour eux.
05Le fil rouge : qui négocie, qui subit
Mises côte à côte, ces trois décisions de Google touchent aux trois leviers qui déterminent la valeur d'un éditeur dans l'écosystème IA : combien il est payé, où il apparaît, et à quelles conditions il est visible. Sur les trois, Google garde la main : le calcul des gains d'AI Contribution reste opaque, la position dans les AI Overviews reste noyée dans un bloc unique, et les seuils des Search profiles évoluent au gré des décisions internes de Google, sans concertation visible avec les éditeurs concernés.
Google décide qui est payé, refuse de dire où on apparaît, et élargit qui il affiche : trois curseurs, un seul propriétaire.
Le contraste avec l'initiative de Cloudflare est net. En séparant crawl d'entraînement et crawl de recherche, Cloudflare donne aux éditeurs un outil binaire et immédiat, sans attendre l'arbitrage d'un tiers : couper l'IA générative sans se couper de Google. Ce n'est pas un levier de revenu, mais c'est un levier de négociation réel, à la portée de tout site utilisant le CDN. Pour les éditeurs qui suivent ce dossier, la priorité concrète reste la même qu'à chaque annonce de ce type : documenter précisément ce qui est mesuré, ce qui ne l'est pas, et ne pas construire de stratégie sur des chiffres que Google lui-même qualifie d'agrégés.
Le lecteur se demande souvent
Faut-il arrêter de suivre ses positions dans Search Console pour l'IA ? Comment savoir si mon site est impacté par les résumés IA dans Discover ? Faut-il abandonner le suivi des impressions IA de Search Console ?Questions fréquentes
Comment rejoindre le pilote AI Contribution de Google ?
Le rapport Gen-AI de Search Console va-t-il évoluer vers un suivi de position par lien ?
Le paramètre Cloudflare bloque-t-il aussi Googlebot ?
Quel est le seuil actuel pour apparaître dans un Search profile Google ?
Sources
- Search Engine Journal, « Google Tests Paying Publishers For AI Answers Via Search Console », 14 septembre 2026
- Search Engine Journal, « Google Admits Search Console Reporting For AI Search Is Inadequate », 13 septembre 2026
- Cloudflare Blog, « Accountable, mixed-use AI crawlers », 15 septembre 2026
- Search Engine Journal, « Google Search Profiles Now At 10,000 Followers », 16 septembre 2026
- Search Engine Journal, « SEO Pulse: Google AI Payment Pilot, Search Profiles At 10,000 »